La Métamorphose...
Sa faculté tiendrait à sa puissance de traduction: Pascal Borghi transcrit en
apparences, en figures corporelles ou en conditions successives, les
moindres évènements de sa vie antérieure..
Convertissant l'Espace du "Dedans" en corps hybrides, disloqués,
Grand poète de la figurativité, capable de déchiffrer et d'articuler ce qui
demeure inexprimé.
Dramaturge aussi, en créant des représentations de cette même intériorité
invisible...
La Métamorphose constitue une remontée vers la surface de l'identité, voir
une identification de Soi à Fleur de peau.
L'Artiste est ce pécheur qui remonte du dedans des "morceaux d'Homme
leur prêtant une apparence matérielle souvent fantastique.IL fouille le
dedans de l'Etre avec une espèce de rage destructrice et désespérée,
comme s'il espérait y trouver de la tiédeur.
IL malmène et torture les apparences, pour tenter de connaitre le "grand
Secret" et obtenir un accès illuminatoire à la Plénitude.
Le "grand Combat" ouvre la voie qui mène au "grand Secret". Sur le Chemin
de la Vérité.
Sur le Chemin de la Vérité, l'Etre intérieur combat en permanence des larves
gesticulantes.
Ces cohortes de personnages embryonnaires qui se précipitent en un
fouillis de signes, un bataillon d'hommes-troncs, armée primitive semblable
à des lances qui transforment l'espace en un champ de bataille...retrouvent
le PRIMORDIAL.
Mieux que le langage verbal, ils initient l'espace à leurs propres rythmes
intimes...
L'homme singulier est pluriel, il apparait en torrent, en troupeau, en miettes,
en gammes d'états.
Cette pluralité devient une turbulence cinématique des signes:
ce sont des gestes, les gestes intérieurs, ceux pour lesquels nous n'avons
pas de membres, mais des envies de membres, des tensions, des élans,
en combat aléatoire...
Quoi qu'il fasse, ou qu'il aille, l'Homme s'y retrouve toujours en perte
d'équilibre et de forme, significatifs d'un déficit d'Existence.
IL sort de soi, il fuit son être, rompu et démembré, souvent réduit à l'ombre
de son élan. Jamais assuré de soi et de ses contours, mais toujours aux
prises avec soi.
Parfois, tellement dépourvu de membres, d'élans, qu'il ne demeure plus
qu'une sorte de...Totem.
texte de Lydie -Zoé